8/07/2025

Un bahá’í est exécuté en Iran

le 8 avril 1992

à toutes les assemblées spirituelles nationales

C’est le coeur rempli de tristesse que nous avons reçu la confirmation de l’exécution à la prison Evin de Téhéran le 18 mars 1992 de Monsieur Bahman Samandari, membre d’une famille bahá’íe distinguée qui a été actif dans les affaires de la communauté bahá’íe. Aucun motif pour son exécution n’a été donné par les autorités judiciaires ou pénitencières, et aucune information sur l’emplacement de sa sépulture n’a été transmise.

Cette tragique surprise est d’autant plus choquante du fait que toute l’affaire a été enveloppée de secret. L’exécution a été gardée sous silence pendant plus de deux semaines; aucune information préalable n’a été donnée à la famille; aucune annonce par la suite n’a été transmise; la nouvelle n’a été portée à l’attention de la veuve de Monsieur Samandari que lorsqu’elle a essayé de lui rendre visite le 5 avril, date que les autorités lui avaient donnée après avoir refusé de lui permettre de voir son mari malgré ses nombreuses autres tentatives depuis arrestation de celuici le 17 mars. La façon de lui annoncer sa mort fut de lui remet- tre le testament de son mari, rédigé le 18 mars. Aucun certificat de décès n’a été émis, bien que les recherches delà famille Samandari auprès du bureau du cimetière général de Téhéran aient montré que le nom de Bahman Samandari avait été inscrit à ses registres.

Aucun motif ni verdict officiel n’a été annoncé; les recherches assidues des membres de sa famille n’ont permis d’obtenir qu’une vague indication que l’exécution de Monsieur Samandari était liée à sa précédente arrestation il y a quatre lorsqu’il fut arrêté avec quatre autres baha'ís du fait qu’ils se réunissaient chez lui. Ce jour-là, le 21 octobre 1987, les charges soulevées à son encontre venaient du fait de son appartenance à la communauté bahá’íe. Il fut libéré avec ses co-détenus le 18 décembre 1987, lorsque le titre de propriété de la maison des Samandari avait été remis aux autorités en même temps qu’une forte somme d’argent comme caution.

Le moment choisi et la soudaineté de cette affaire ainsi que la duplicité des autorités sont également des éléments déconcertants. Le 17 mars les autorités ont convoqué Monsieur Samandari sous prétexte de lui remettre un document Le 18 mars, date de son testament remis à Madame Samandari par les autorités de la prison Evin, il a été exécuté. Le 20 mars, il a été enterré. Ces événements ont eu lieu à l’approche d’une longue période de congés associés au nouvel an iranien, période évidemment peu propice à toute enquête.

C’est une cause d’outrage pour la communauté internationale bahá'íe qu'après une interruption d’exécutions de bahá'ís pendant une période de trois ans et demi, on puisse de nouveau perpétrer un acte si barbare envers une communauté innocente. C’est un démenti de la position plusieurs fois affirmée publiquement par le gouvernement iranien que les bahá’ís ne sont pas persécutés à cause de leurs croyances religieuses. Vous recevrez de plus amples détails au fur et à mesure qu’ils seront disponibles. En attendant, nous vous demandons d’informer les autorités gouverne- mentales concernées et les médias, et de procéder par tous les moyens convenables déjà employés pour monter une digne et vigoureuse campagne de protestation. Veuillez également partager la nouvelle avec tous les amis.

La Maison Universelle de Justice

(Baha’i Canada, Mai 1992)